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Comment relancer quelqu’un trois mois après l’avoir croisé

Vous vous étiez très bien entendus. Tu n'as rien fait. Trois mois ont passé et maintenant ça te paraît impossible. Bonne nouvelle : la gêne n'existe que de ton côté.

10 août 2026 · 4 minutes de lecture

Comment relancer quelqu'un trois mois après l'avoir croisé

Le scénario est toujours le même.

Une bonne conversation. Une vraie envie de recroiser cette personne. Puis la semaine reprend, le message qu’on devait écrire glisse en bas de la liste, et un matin tu réalises que trois mois ont passé.

À partir de là, une petite voix s’installe : c’est trop tard, ça va faire bizarre, il ne va même pas se souvenir de moi.

Cette voix se trompe sur toute la ligne.

La gêne est unilatérale

Ton interlocuteur ne se dit pas « tiens, celui-là ne m’a jamais écrit ». Il ne pense pas du tout à toi. Ce n’est pas vexant, c’est libérateur : il n’y a aucun compte à régler, aucun retard à rattraper.

Tu n’es pas en retard. Tu es simplement nouveau.

N’ouvre pas par des excuses

« Désolé pour le silence, j’ai été débordé de mon côté… »

Trois problèmes en une phrase. Tu fais de l’autre ton juge. Tu fais de ton premier acte une excuse. Et tu lui apprends que tu es le genre de personne dont le temps est plus précieux que la relation.

Supprime. Écris comme si vous vous étiez parlé la semaine dernière.

Rappelle le détail, pas le contexte

Ceci ne sert à rien :

« On s’est croisés à l’événement Konnect & Learn en septembre. »

Il est allé à six événements cette année-là. Tu viens de lui donner du travail.

Ceci fonctionne immédiatement :

« Tu m’avais raconté tes trois mois à Séoul et la manière dont tu avais recruté ta première équipe là-bas. »

Le détail rallume la mémoire d’un coup : le visage, le lieu, le ton de la conversation, tout revient ensemble. Le contexte administratif, lui, ne rallume rien.

C’est aussi la raison pour laquelle il faut prendre trois secondes, dans le taxi du retour, pour noter une chose par personne rencontrée. Pas son poste. Un détail.

Arrive avec quelque chose, pas avec une demande

Un article, un nom, une info, une mise en relation. N’importe quoi qui prolonge ce dont vous aviez parlé.

Un message qui donne ne coûte rien à recevoir. Un message qui demande crée une dette avant même que la relation existe.

Le message court gagne toujours

Quatre lignes. Pas plus.

Un long message envoie un signal involontaire : j’y ai passé une heure, tu m’en dois une. Le message court dit l’inverse : ça m’a pris deux minutes, tu ne me dois rien.

C’est le second qui obtient des réponses.

Ne demande rien la première fois

Rien. Vraiment rien.

La première reprise de contact ne sert qu’à une chose : rétablir l’existence du lien. La demande, s’il doit un jour y en avoir une, viendra plus tard. Ou ne viendra jamais, ce qui est très bien aussi.

Le modèle

Bonjour [Prénom],

On s’est parlé en septembre à Lausanne. Tu m’avais raconté ton passage à Séoul et la façon dont tu y avais monté ta première équipe.

Je suis tombé sur [article / podcast / nom] ce matin, ça m’a immédiatement fait penser à toi. Je te le mets ici, sans autre agenda.

Au plaisir de te recroiser, [Prénom]

Si tu veux vraiment ce café

Ne demande pas « est-ce que ça te dirait qu’on se voie un de ces jours ? ». Tu lui refiles tout le travail : trouver l’envie, la date, le lieu, le créneau.

Propose :

« Je suis à Genève mardi et jeudi prochains. Un café vers 8h30, près de la gare ? »

Il n’y a plus qu’à répondre oui ou non. Le taux de réponse n’a rien à voir.

Et si personne ne répond ?

Il ne se passe rien. Tu as perdu une minute.

La grande majorité des non-réponses sont des boîtes mail débordées, pas des jugements. Tu n’as aucune information sur ce que la personne pense de toi. C’est justement pour ça qu’il ne faut pas relancer la relance.

Recroise-la dans six mois à un autre événement. Ce sera beaucoup plus simple, pour vous deux.